Critique : Karma (2026) – Plonger dans l’enfer d’une secte

Karma est un thriller français, sorti le 21 octobre 2026 au cinéma, réalisé par Guillaume Canet.
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C’est quoi le synopsis de Karma ?

Jeanne tente de reconstruire sa vie en Espagne auprès de son compagnon Daniel, qui ignore tout de son passé trouble. Matéo, son filleul de six ans, disparaît mystérieusement alors qu’elle passe l’après-midi avec lui ; les soupçons se portent rapidement sur elle. Pour échapper à la police, Jeanne retourne en France et trouve refuge dans la communauté religieuse où elle a grandi, avant de la fuir quelques années plus tôt…

Les mots me manquent...

Karma est un film hypnotisant. Pendant les 2h30, je me suis senti absorbé jusqu’à l’écran de fin. Je ne m’attendais absolument à rien, et j’ai été bouleversé. La narration est envoutante. Le build up prend son temps, pour un payoff hyper cathartique. L’ensemble des acteurs, surtout les têtes d’affiche Marion Cotillard et Denis Ménochet (monsieur LaPadite…), offre une prestation monstrueusement convaincante. 

Le sujet des sectes reste très abscons. Là, on nous présente une communauté consanguine, lourdement contrôlée et réprimée. On est témoin d’une forme d’aliénation, supportée par de la torture (violence psychologique, physique et sexuelle). Les règles établies sont pour le “bien de la famille”. Ils affichent en surface une image chaleureuse ; la terreur se terre non loin. J’en ai perdu mes repères, écrasé dans un étau, tant j’étais dans l’incompréhension que l’on puisse infliger un tel sort à des êtres humains, surtout à des enfants (de manière globale, je suis assez sensible au traitement des enfants). Kinds of Kindness (2026) du réalisateur grecque Yorgos Lanthimos abordait cette thématique avec beaucoup de cynisme. Ici, on plonge dans le drame et l’horreur. Il y a un certain point de non retour où j’ai souhaité que ça s’arrête, que les personnages trouvent une issue. C’est un véritable enfer insidieux où je me suis simplement demandé : comment on s’en sort ? Comment on guérit ? Puis, si on prend du recul, le sujet ne s’arrête pas aux sectes. On peut trouver du sectarisme dans d’autres milieux.

Guillaume Canet a écrit et réalisé ce film d’une main de maître. Il a su bien s’entourer pour mener son projet à bien. Karma est un film à voir pour sa mise en scène immersive et son propos.