C’est quoi le synopsis de Roma Elastica ?
En 1982, Eddie Mars (Marion Cotillard) est une actrice franco-américaine qui connaît un déclin dans sa carrière. Après avoir découvert qu’elle était en phase terminale d’un cancer, elle part à Rome jouer un dernier film…
Est-ce que Roma Elastica vaut le coup ?
Roma Elastica est un traité sur le cinéma à Hollywood et en Italie des années 80, en empruntant une esthétique surréaliste, et un ton étrange et cynique. J’ai trouvé beaucoup de similitudes avec Megalopolis (2024) de Coppola, et, dans une moindre mesure, avec Once Upon a Time in Hollywood (2019) de Tarantino. En effet, on parcourt un voyage introspectif à double échelle. D’une part, le voyage de l’actrice Eddie en deuil qui fait face à la mort. D’autre part, on assiste à la mutation de l’industrie du cinéma. Les deux récits s’entremêlent implicitement pour mettre en exergue cette transformation progressive. En 1982, Hollywood c’est Blade Runner de Ridley Scott, ET de Spielberg et The Thing de Carpenter. Un changement notable vers des blockbusters de science-fiction aux FX convaincants, mêlant décors / costumes hyper travaillés et effets numériques. Tandis qu’en Italie, le western spaghetti a fait son temps et cherche à se renouveler avec de nouveaux auteurs. La démocratisation de la télévision dans les foyers en est pour quelque chose : il n’est plus indispensable de se rendre au cinéma. L’empire romain a fini par s’effondrer, ne laissant que des ruines dans son sillage.
Roma Elastica a une esthétique très travaillée. Le grain à l’image et les couleurs désaturées démontrent cette époque en pleine transition. Le design des personnages est hyper tendance (on est en Italie tout de même) empruntant des styles de mouvements variés. Les acteurs offrent une prestation forte. Marion Cotillard est déchirante dans ses scènes de souffrance. Je tiens à souligner la prestation de Noémie Merland, glamour et irrévérencieuse, tout droit sortie d’une corporation cyberpunk. C’est un film en adoration pour l’obscène et les pulsions primaires.
Néanmoins, Roma Elastica reste un film qui n’est pas destiné à tous les publics. Sa mise en scène peut sembler confuse, avec un scénario, en apparence, saccadé. Il est nécessaire de décortiquer davantage les propos de l’auteur (bien que certaines séquences soient suffisamment explicites pour en comprendre la teneur) pour en déceler toute son essence.