C’est quoi le synopsis de I'll be gone in June ?
En 2001, Franny est une lycéenne allemande qui part en échange au Nouveau-Mexique. Loin de son pays, elle s’acclimate dans ce nouvel environnement, se fait des amis et découvre son premier amour…
Est-ce que I'll be gone in June vaut le coup ?
I’ll be gone in June est un film contemplatif à l’esthétique impeccable. Le travail de photographie donne un maximum de cachet à l’ensemble du récit. La composition de l’image, la lumière et la couleur donnent un aspect idyllique. C’est une histoire simple, quotidienne, surfant avec le documentaire. En effet, on aura souvent deux points de vue. Une vision au travers de la caméra de Franny qui documente son voyage, et un regard extérieur sur la protagoniste. En écrivant ces lignes, je me rends compte que la caméra protège Franny, elle a le contrôle de la situation. Puis les fois où on la suit de l’extérieur, elle subit ou se laisse porter par son environnement. Lorsque les choses commencent à lui échapper, elle fixe la caméra, brisant le quatrième mur. Le travail des acteurs est extrêmement convaincant, on croit profondément à ce récit.
Franny vient d’une Allemagne fracturée post guerre froide. Elle arrive aux USA pour vivre le rêve américain. Le désert du Nouveau-Mexique en dit long sur son état d’esprit. Elle vient d’un endroit où tout reste à reconstruire, tandis qu’elle se construit. La ville de Las Cruces est modeste et désolée. Franny se retrouve d’abord en mode survie, puis finit par s’acclimater. La puissance et le positionnement géopolitique des USA sont remis en question, faisant écho avec l’actualité. Ce voyage initiatique fonctionne très bien dans l’ensemble, bien que j’émet des réserves sur la romance. Ça ne fonctionne pas toujours et on a du mal à vraiment s’attacher au garçon, qui est dépressif et sous médication. Alors, rien à voir avec l’histoire, mais je trouve que Naomi Cosma (qui joue Franny) ressemble à Nadia Tereszkiewicz.
Le rêve américain semble avoir ses limites. Mais la vraie question est : qu’est-ce que le rêve américain ? Existe-t-il encore ? (Marc Aurèle avait un rêve et ce rêve s’appelait Rome)