C’est quoi le synopsis de Street Fighter ?
En 1993, Ken Masters est une star des arts martiaux, arrogant et désabusé. Il mène une vie de célébrité tout en cherchant à oublier Ryu, son meilleur ami disparu. Mais son passé le rattrape lorsqu’une mystérieuse femme, Chun-Li, agissant pour le compte de M. Bison, le convie à un tournoi réunissant les plus redoutables combattants du monde. Ken y voit d’abord une occasion de prouver sa supériorité, jusqu’à ce qu’il découvre que Ryu figure lui aussi parmi les participants…
Ma relation avec Street Fighter
Je ne suis pas un joueur de Street Fighter. Pas vraiment. J’ai bien mes collègues quarantenaires qui ont été bercés par Street Fighter 2 sur borne d’arcade et la SNES. Mon seul rapport à cet univers réside dans les vidéos de Karim Debbache (Crossed avec le film live action de 94), JDG (avec le dessin animé de 95), Benzaie (avec le film animé de 94 et la série de 95) et Bob Lennon (avec la campagne Street Fighter 5). En bref, je connais la saga par procuration. Mon cœur tend davantage vers Mortal Kombat.
Street Fighter et le cinéma
Le célèbre jeu de Capcom a commencé en 1987. On se souvient de sa borne d’arcade au poussoir absurde et de sa campagne à la difficulté dérisoire. Il faudra patienter jusqu’en 1992 (en France) pour avoir, ce qui deviendra la référence pour les jeux de combats, Street Fighter II : The World Warrior. Pour approfondir le sujet, TheGreatReview en a fait une vidéo de barjot.
Comme évoqué juste avant, Street Fighter a eu droit à son lot de productions dérivées, notamment en matière de cinéma :
- Street Fighter II The Animated Movie (1994) qui va marquer tout une génération, avec son Bison full testo et les bonnes grosses castagnes.
- Street Fighter : L’Ultime Combat (1994), film live action, avec JCVD dans le rôle de Guile. Je l’ai pas vu, mais apparemment c’est pas dingue.
- Street Fighter: Legend of Chun-Li (2009) qui est une purge, à en croire la vidéo récap de Benzaie.
- Street Fighter (2026), fraîchement sorti dans les salles obscures.
Grosso modo, avec cette saga, on est capable du pire comme du très bon.
Un bon premier tiers
Le film démarre bien. A la manière de Kill Bill Vol 1, les séquences du passé sont réalisées en animation 2D. Ça envoie du lourd, c’est beau et ça immerge pleinement le spectateur. L’introduction est impeccable, en nous présentant les protagonistes Ryu et Ken, Sagat qui se fait ouvrir en deux (comme dans le film animé de 1994) et les ténèbres qui planent sur nos héros. Ensuite, l’histoire enchaîne sur une succession de scènes d’exposition pour que chaque personnage emblématique puisse taper la pose et avoir son moment de gloire. On est à 30 minutes du film, tout semble bien parti, puis la sauce ne prend tout simplement pas.
Street Fighter... sans Street et trop de Fighter
Je vais le dire simplement : Street Fighter 2026 n’est pas divertissant. Il y a un sévère problème de direction, qui impacte la réalisation, l’écriture et le montage. On ne savoure aucun moment, les combats sont coupés et le tout manque cruellement de lisibilité. Du côté de la réalisation et du montage, on dirait qu’il manque des plans, que les raccords sont charcutés et qu’on a du mal à raccrocher les wagons. Quant au scénario, on devrait s’attendre à quelque chose de simple (Ryu se rend à un tournoi. Ryu explose Bison. Fin), sauf qu’à cause de son nombre hallucinant de personnages, ça part dans tous les sens, en se prenant pour un Marvel avec aucun antécédent. Ça rend la narration indigeste et donne des dialogues à jeter à la poubelle. Rends-toi bien compte qu’on passe le film entier à avoir Ryu qui refuse de se battre. C’est comme si je faisais un long-métrage sur DBZ et que Goku passait sa vie avec maître Kaio. Ken et Chun-Li essaient de sauver l’histoire, mais on les en empêche. Plus ça avance, plus on plonge dans du fan film YouTube fait avec les moyens du bord. Les effets spéciaux vont du correct à effroyable. C’est complètement foiré, au point que l’histoire ne sait pas où s’arrêter, tellement que c’est le bordel.
Choose your fighter
Parlons de l’apparence des personnages. Certains fonctionnent vraiment bien comme Dhalsim, Chun-Li, Ken, Cammy, Juli, Zangief, Balrog (la VF est horrible), Honda et (j’ose le mettre) Blanka. Ryu m’a beaucoup fatigué sur la longueur, donc bof. D’autres sont pas terribles tels que Guile (vs JCVD), Vega et Akuma (particulièrement laid à cause des effets spéciaux moches). Enfin, il y a une chose impardonnable : Bison. Il est effroyable, grosse erreur de casting avec David Dastmalchian. Je suis dans l’incompréhension. Le traitement de l’ensemble des personnages n’est pas bon. C’est plus de l’ordre du caméo que du réel rôle narratif. Faut se rendre compte que Dan Hibiki fait un meilleur taf que l’ensemble du cast. J’ai eu beaucoup plus de sympathie à son égard, ALORS QUE C’EST MÊME PAS UN VRAI COMBATTANT. Il me fait aussi penser à Jean Baptiste Show, ça aide.
Bilan du nouveau film Street Fighter
Je suis très déçu de ce Street Fighter. Nous avions rendez-vous avec le film, et il ne s’est jamais pointé. C’est une imposture, donc la fin laisse présager une suite.
Je me questionne. N’aurait-il pas plutôt fallu faire un film d’animation ? Les extraits montrés sont d’une grande qualité et mettent 1000 / 0 au live action. On aurait largement pu réduire drastiquement le nombre de personnages avec un cast resserré (comme dans Mortal Kombat II). Ça permet de tisser des liens plus tangibles et de faire de belles séquences de combat bien chorégraphiées. On veut du spectacle, bon sang. Pas d’un Ryu qui pleurniche. En 1h30 (plutôt que 2h), Street Fighter aurait envoyé du pâté avec un rythme effréné de barjot pour nous en mettre plein les yeux.
Je termine cette critique en citant le film : « WHAT’S GOING ON ?! »
Pour guérir son âme, rien ne vaut que le film animé de 94.