Critique : Spiderman Brand New Day (2026) – une dette narrative marquée

Spiderman Brand New Day est un film Marvel, sorti le 29 juillet 2026, réalisé par Destin Daniel Cretton.
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C’est quoi le synopsis de Spiderman Brand New Day ?

Après les événements de No Way Home, tout le monde a oublié Peter Parker ; Spiderman a retrouvé son anonymat. Mais Peter souffre de cette solitude, et son corps se met à changer. En parallèle, une entité invisible capable de prendre possession des gens a émergé à New York. Les intentions du vilain sont inconnues, et les amis de Peter sont en danger…

Est-ce que Spiderman Brand New Day vaut le coup ?

Notre petite araignée sympa du quartier fête ses 10 ans dans le MCU. Tom Holland, apparu pour la première fois dans Captain America Civil War, renfile le super costume pour combattre les méchants… tout seul, ou presque. Spiderman Brand New Day devait être la promesse d’un homme araignée qui met son passé derrière lui pour mener une vie en solitaire et développer un nouvel entourage. Sauf que non. Annulez tout, Spiderman n’a pas envie d’abandonner Zendaya (à raison). Ce nouvel opus est un foutoir, avec un goût quelconque. C’est un film qui essaie de raconter beaucoup trop de choses en même temps, avec un rythme à la fois effréné et somnolent. Il faut dire que la montée en gamme du premier tiers est balbutiante, le second tiers est la plus captivante, et la dernière partie emprunte l’autoroute de l’ennui. Pour être plus précis, une fois que l’on connaît l’identité du super vilain, tout retombe à plat. On sent que le récit tente d’être généreux pour le spectateur, mais le résultat est trop bancal.

Dette narrative et ennui visuel

La faute a deux éléments, selon moi : la dette narrative (cause) et la réalisation oubliable (facteur aggravant). Le Spiderman du MCU est celui qui a tenu le plus longtemps au cinéma, par rapport à ses homologues Maguire et Garfield (l’acteur, pas le chat). La quantité d’histoires, entre les films collectifs et individuels, puis les séries, donne un travail phénoménal aux scénaristes pour raconter quelque chose qui tient la route tout en prenant en compte le travail passé. Malgré toute la sympathie que j’ai envers Tom Holland et Zendaya, je crois qu’on a beaucoup de mal à se détacher de tout ça pour avoir son identité, sa distinction. Ça crée un espace où les personnages avancent tout en faisant du surplace, et où l’environnement reste globalement statique depuis End Game. L’antagoniste est complètement effacé, bien que l’on comprend que ça pose des briques pour la suite. Spiderman Brand New pris seul est un film sans aucun intérêt pour le spectateur qui se sentira largué : il faut faire ses devoirs pour capter l’entièreté du récit. Exemple (vu en trailer), je ne comprends pas la relation entre le Punisher et Spidey. Ils font écho à une situation passée que je ne connais pas. Résultat : aucune attache émotionnelle particulière. C’est peut-être pas le meilleur exemple, parce que j’adore Jon Bernthal et son comédien de doublage français Jérôme Pauwels, mais tu captes l’idée. On ne s’attache pas à ce qu’il se passe. Il y a des dialogues que j’ai trouvé vraiment chouette, en posant des questions pertinentes, cependant vites désamorcées (je déteste en particulier l’IA de con qui parle h24 à Peter). Il y a des références venant des réseaux sociaux qui sont assez inappropriés.

Le film n’est pas intéressant visuellement. Dans les décors ouverts, on sent la présence des fonds verts et de la CGI. La caméra est collée au protagoniste, laissant un arrière-plan flou ou moche. Dans les séquences en intérieur, c’est pareil, on est collé aux personnages, même si le fond est déjà plus tangible. Donc graphiquement, ça ne m’a pas transporté ; je n’ai que peu de scènes marquantes en mémoire. Encore une fois, les seuls moments dont j’ai des souvenirs concernent les apparitions de Jon Bernthal ; il a le mérite de ne pas être un simple caméo, à l’inverse d’autres personnages. La colorimétrie fait davantage ressortir les couleurs (surtout le rouge), sauf que ça ne m’a pas captivé, à l’exception de scènes de nuit où la lumière est plutôt bien amenée. 

La (vraie) fin du MCU ?

Je peux déjà l’affirmer : Avengers Doomsday sera la plus grosse banane de la décennie. Cette saga du multivers est vraiment ratée. La tension est au plus bas. On arrive au point où les trailers s’efforcent à présenter la liste des courses en annonçant les acteurs présents dans le film. Une catastrophe marketing. Ce ne sont plus des films pour le cinéma. Ce n’est plus du grand spectacle. Marvel / Disney cherche à cibler un nouveau public qui utilise massivement les réseaux sociaux, dont les cultures est centré sur la récompense immédiate et l’attention inférieure à 2 secondes. On a sacrifié autant de moyen pour se perdre dans un catalogue de plateforme de streaming.

C’est vraiment dommage que l’on en arrive là. Spiderman Brand New Day a bien quelques fulgurances qui ont réussi à me happer, mais dans l’ensemble, c’est totalement quelconque. Je n’ai pas hâte pour la suite, bien que j’irai voir les nouveaux opus. C’est pour le travail.