Critique : Disclosure Day (2026) – Spielberg est en décalage avec le monde ?

Disclosure Day est un film de science-fiction, sorti le 10 juin 2026, réalisé par Steven Spielberg.
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C’est quoi le synopsis de Disclosure Day ?

Daniel Kellner est en fuite avec des informations pouvant faire basculer le monde entier. Traqué par les agents de Wardex, il doit se dissimuler, le temps que certains événements se déroulent. En parallèle, Margaret Fairchild, présentatrice météo, vit une étrange expérience et développe des capacités cognitives avancées : elle peut se mettre à la place des autres, et parler et comprendre des langues étrangères. Daniel et Margaret sont liés par quelque chose qui les dépasse complètement. Est-ce que la Terre est prête à savoir ce qu’il se trame ?

Est-ce que Disclosure Day vaut le coup ?

Disclosure Day est un film inoffensif. Je sais que Spielberg a un rapport avec la SF très fort, mais je n’ai pas suffisamment connaissance de sa filmographie. Je suis donc parti voir ce film avec des lacunes et un manque de contexte. Je n’ai pas accroché, ça m’a laissé complètement indifférent au fur et à mesure du récit. Il y a bien quelques fulgurances à de rares moments, notamment dans la mise en scène, mais globalement, c’est un film qui s’essouffle et qui peine à raconter une histoire crédible. 

Selon moi, il y a un gros problème dans le ton. L’esthétique est très banale (sauf à de rares exceptions) et la musique totalement hors sujet (John Williams au commande pourtant). On est confronté à beaucoup de scènes d’action, tout en essayant d’avoir un discours intimiste. Ça ne fonctionne pas du tout. D’un côté, les antagonistes sont neuneu, mal écrits et stéréotypés (Colin Firth en méchant, sérieux ?). De l’autre, nos héros ne sont pas plus intéressants, les reléguant à de simples fonctions. Le personnage qui s’en sort le mieux est Margaret, jouée par Emily Blunt. On prend le temps de la rencontrer, de découvrir les tensions qui l’habitent, son attitude. A l’inverse de Daniel, joué par Josh O’Connor, qui est très effacé. Dans l’ensemble, tous les rôles sont plutôt mal écrits et trop frontaux.  La construction de l’intrigue est alambiquée. On fait des allers-retours incessants dans les péripéties, à cause d’un enjeu changeant voire incohérent. Les motivations et les méthodes évoluent, et ça m’a complètement perdu. La construction de l’intrigue est alambiquée.

Le message de Disclosure Day n’est pourtant pas dénué d’intérêt. Le film aborde, sans subtilité, les rapports humains,ou plus généralement, le chemin qu’emprunte l’humanité. On est mis sous tension avec des conflits géopolitiques grandissants, mais le traitement est complètement en décalage dans sa façon d’aborder le sujet. Nous vivons une actualité alarmante. Et en voyant ce film, j’ai le sentiment que Spielberg ne comprend pas ce qu’il se passe, ou du moins, il traite cela assez grossièrement, créant une grosse dissonance. En conséquence, le worldbuilding ne fonctionne pas du tout. On nous dicte un message d’empathie et d’amour, mais sans pouvoir le ressentir à un quelconque instant. Le film déboule avec son lot de symboles christiques et chrétiens, sans trop savoir quoi en faire. Ce n’est pas inintéressant, mais juste mal géré sur la longueur. Puis le propos ne sait plus vraiment où il va. C’est quoi le rapport entre les extraterrestres et l’empathie ? J’ai envie de dire “and so what ?”. Ce n’est pas parce qu’il y a de petits hommes verts venus des confins de l’univers que soudainement, on va se mettre à chanter des chansons tous ensembles. J’ai lu la trilogie du Problème à trois corps. Donc, faut me croire, si demain la Terre découvre que les extraterrestres sont là, les conséquences vont être plutôt désastreuses (du moins, au début).

Que retenir de Disclosure Day ?

Disclosure Day m’est passé complètement au travers, sans laisser la moindre trace. Il met en place des éléments, mais qui ne payent pas du tout sur la durée, voire qui se contredit. Il a au moins le mérite qu’on le questionne. Pour le propos autour de l’amour, je recommande Contact de Zemeckis et Interstellar de Nolan.